Une interrogation critique de l’Europe : une fédération d’étrangetés

A critical interrogation of Europe: a federation of strangeness

La température d’auto-combustion du papier est de 451 degrés Fahrenheit !

Ray Bradbury s’est invité très rapidement dans notre week-end de préparation à Bayonne (Natacha y ouvrait sa boutique). Evidemment par la métaphore. Fahrenheit 451 nous dit tant du moment. Et tant des livres !

« Les livres n’ont absolument rien de magique. Il n’y a de magie que dans ce qu’ils disent, dans la façon dont ils cousent les pièces et les morceaux de l’univers pour nous en faire un vêtement ! »1. Peut-être est-ce par là qu’il faut chercher ? Nous faire des vêtements de l’univers, comme les couronnes de fleurs de Natacha ou le monstre d’Henri.

Pas de magie donc. Les livres sont des garde- fous. Ils disent, comme Fahrenheit 451, que deux idéologies se confrontent : l’une fondée sur une société refermée sur elle-même, constituée d’individus qui ne s’interrogent ni sur eux ni sur les autres, maintenus artificiellement dans l’instant présent par un désir sans frein. L’autre au contraire se préoccupe du monde extérieur, se méfie du conformisme et s’inscrit dans une histoire passée pour écrire l’histoire (écrire des histoires ?).

Alors comme ça, juste tout se rappeler avant de commencer, le projet européen, ne peut-être
un « Empire, ni une confédération d’identités, mais une fédération d’étrangetés »2. À nous d’explorer les conditions de cette fédération,
de mettre en résonnance les étrangetés. Réclamons-les tout d’abord. Revendiquons tous ces livres, toutes ces étrangetés, comme seul manière d’exister, d’être européen.

« Les Noirs n’aiment pas Little Black Sambo. Brûlons-le. La case de l’oncle Tom met les Blancs mal à l’aise. Brûlons-le. Quelqu’un a écrit un livre sur le tabac et le cancer du poumon ? Les fumeurs pleurnichent ? Brûlons le livre. La sérénité, Montag. La paix, Montag. À la porte, les querelles. Ou mieux encore, dans l’incinérateur. Les enterrements sont tristes et païens ? Éliminons-les également. »3.
A critical interrogation of Europe: a federation of strangeness

The temperature of self-combustion of the paper is 451 degrees Fahrenheit!

Ray Bradbury was very quickly invited to our weekend of preparation in Bayonne (Natacha was opening her shop there). Obviously, through metaphor. Fahrenheit 451 says so much about the moment. And so many books!

«There is absolutely nothing magical about books. There is only magic in what they say, in the way that they stitch together bits and pieces of the universe to make us a garment!»1. Perhaps we need to search there? Make ourselves garments of the universe like Natacha’s crowns of flowers or Henri’s monster?

So no magic. Books are safeguards, like Fahrenheit 451, they say that two ideologies are face to face: one based on a society closed around itself, comprising individuals who don’t ask themselves questions about themselves or others, artificially kept in the present instant by unstoppable desire. The other, on the contrary thinks about the external world, is wary of conformism and engages with a past history to write history (write stories?).

So in this way, just to remember before starting, the European project cannot be an «Empire, nor a confederation of identities, but a federation
of strangenesses»2. Up to us to explore the conditions of this federation, give resonance

to the strangenesses. Let’s first of all call for them. Let’s demand all these books, all these strangenesses, as the only way to exist, to be European.

«Blacks do not like Little Black Sambo. Let’s burn it. Uncle Tom’s Cabin make Whites uneasy. Let’s burn it. Someone has written a book about tobacco and lung cancer? Smokers complain? Let’s burn the book. Serenity, Montag. Peace, Montag. Out of the door with quarrels. Or even better, into the incinerator. Burials are sad and pagan? Let’s get rid of them as well»3.

1 – Ray Badbury – Fahreinheit 451
2 – Frédéric Neyrat – 2003 – La possibilité européenne (les multitudes,l’Europe, le monde) 3- Ray Badbury – Fahreinheit 451

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