Une interrogation critique de notre rôle : altérité et dissidence

A critical interrogation of our role: otherness and division

En tant que microsociété, nous avons
donc expérimenté, éprouvé, la difficulté démocratique. Tout au long de cette année, nous avons tenté de mettre en œuvre une pratique collective qui permet des moments de leadership temporaire, de coopération et de défi. C’est ce à quoi nous continuerons de nous employer cette semaine, développer des formes de leadership mouvantes, explorer des modes fluides de composition du commun.

Ce mode de devenir qui interroge plus nos manières d’être et de progresser que celles
de nous organiser ou de nous instituer n’a de stabilité. Tout au long de ces semaines, nous avons avancé. Nous avons refusé. Nous avons essayé. Nous avons fait marche arrière. Ainsi,
à notre façon, nous nous sommes composé ce commun temporaire. A nous de décider, si nous souhaitons l’amplifier.

Mais comment décide-t-on de cela ? Shiran, dans son livre sur la révolution tunisienne, explore une chose autrement plus compliquée: Quand est-ce qu’une société cesse d’avoir peur? En avons-nous parlé ensemble de ce livre? de l’expérience de Shiran ? En avons-nous tiré quelques pistes pour la composition de notre propre commun ? N’avons-nous pas tout simplement choisi quelques voies de replis ? Ne faisant pas face à nos altérités.

« Un sujet n’est rien s’il n’est pas la création d’un monde pour lui dans une clôture relative. […] Cette création est toujours création d’une multiplicité. […]

Cette multiplicité se déploie toujours sur deux modes : le mode du simplement différent, comme différence, répétition […] et le mode de l’autre, comme altérité, émergence, multiplicité créatrice, imaginaire ou poïétique. »

Nous pouvons imaginer les rues de Bergerac comme celles de l’émergence de la multiplicité, et par là-même comme celles de la composition de notre commun, de notre capacité à nous frotter à l’altérité. Vraiment à nous de choisir…

Pour conclure, Patrick Boucheron s’impose «Ce qui surviendra, nul ne le sait. Mais chacun comprend qu’il faudra, pour le percevoir, être calmes, divers, et exagérément libres. » .

Nous pourrions même essayer de le prendre aux mots.

So as a microsociety, we have experimented, experienced, the democratic difficulty. Right through this year, we have tried to establish collective practice that allows for temporary moments of leadership, cooperation and challenge. This is what we are continu to do this week, to develop shifting forms of leadership, to explore fluid ways of constructing the common.

This way of becoming that interrogates more our ways of being and progressing than those of organising ourselves or placing ourselves
in stability. Throughout these weeks we have moved forward. We have refused. We have tried. We have gone backwards. Thus in our own way we have constructed our temporary common. Up to us to decide if we wish to extend it.

But how do we decide that? In his book about the Tunisian revolution, Shiran explores something different in a more complicated way: when does a society stop being frightened? Could we talk about this book? About Shiran’s experience? Could we draw from it some pathways with which to construct our own common? Have we not simply chosen some escape routes? Not facing up to our othernesses.

«A subject is nothing if it doesn’t create a world of relative closure for itself. […] This creation is always the creation of a multilicity. […]
This multiple always plays out in two modes : the mode of simple difference as difference, repetition […] and the mode of the other, as otherness, emergence, creative, imaginative or poetic multiplicity» 1.

We could imagine the streets of Bergerac as those where multiplicity emerges, and in the same way as those where we construct our common, our capacity to rub up against otherness. It is really up to us to choose…

To conclude, Patrick Boucheron stands out «No one knows what will occur. But each of us understands that, in order to detect it we must be calm, diverse and excessively free. » .

We could even try to take him at his word.
 

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